Intitulé de la conférence : Modélisation du champ électrique dans les tissus biologiques en vue de la planification d’électrochimiothérapie

 

 

Résumé : L’électrochimiothérapie est un traitement anti-cancéreux associant l’administration d’un médicament cytotoxique, tel que la bléomycine ou la cisplatine, et l’application locale, au niveau du site tumoral à traiter, d’impulsions électriques potentialisant les effets anti-tumoraux de ce médicament [1,2]. L’efficacité de l’électrochimiothérapie est due à l’électroporation des cellules constituant le tissu ciblé. Ce mécanisme électrique est basé sur l’augmentation transitoire de la perméabilité de la membrane plasmique de ces cellules lorsqu’elles sont soumises à un champ électrique local d’intensité supérieure à une valeur seuil de perméabilisation réversible [3,4,5]. Une cellule électroporée est ainsi plus sensible à un médicament cytotoxique. Une fois à l’intérieur de la cellule, ce médicament brise l’ADN des chromosomes, causant une mort cellulaire localisée, ce qui constitue la base de l’électrochimiothérapie [1].

Le phénomène électrique régissant l'électroporation n'est pas spécifique à un type de tumeur, mais universellement applicable sur tous les types de tissus qu’ils soivent tumoraux ou non [4,5]. En raison de sa polyvalence ce phénomène électrique permetant d’augmenter la permeabilité membarnaire aux agents exogènes est aussi très efficace dans d’autres traitement médicaux tel que la vaccination génique et l’administration de médicaments à travers la peau [4,5].

Pour qu'une électrochimiothérapie soit efficace, il faut utiliser des électrodes adéquates et une amplitude du voltage optimale de manière que le champ électrique local soit supérieur au seuil de réversibilité de ce phenomene dans la totalité de la tumeur, tout en épargnant le tissu sain environnant la tumeur [2,6]. Grâce à des simulations numériques réalisées par la méthode des éléments finis, il est possible de modéliser et predire la distribution du champ électrique dans des tissus tumoraux aussi bien que dans des tissus sains, ce qui permet d’optimiser le choix du type d’électrodes à utiliser et l’amplitude du voltage à appliquer de telle sorte que l’électrochimiothérapie soit la plus efficace possible [6]. La modélisation du champ électrique à l’aide des modèles mathématiques validés par des expériences in vivo représente le fondement de la planification de l’électrochimiothérapie [7].

 

Références

[1] Mir LM, Orlowski S. Mechanisms of electrochemotherapy. Adv. Drug Deliver Rev. 35:107-118,1999.

[2] Mali B, Jarm T, Snoj M, Sersa G, Miklavcic D. Antitumor effectiveness of electrochemotherapy: A systematic review and meta-analysis. Eur. J. Surg. Oncol. 39:4-16, 2013. 

[3] Miklavcic D, Semrov D, Mekid H, Mir LM. A validated model of in vivo electric field distribution in tissues for electrochemotherapy and for DNA electrotransfer for gene therapy. BBA 1523:73-83, 2000.

[4] Corovic S, Mir LM, Miklavcic D. In vivo muscle electroporation threshold determination: realistic numerical models and in vivo experiments. J. Membrane Biol. 245:509-520, 2012.

[5] Corovic S, Zupanic A, Kranjc S, Al Sakere B, Leroy-Willig A, Mir LM, Miklavcic D. The influence of skeletal muscle anisotropy on electroporation: in vivo study and numerical modeling. Med. Biol. Eng. Comput. 48: 637-648, 2010.

[6] Miklavcic D, Sersa G, Brecelj E, Gehl J, Soden D, Bianchi G, Ruggieri P, Rossi CR, 
Campana LG, Jarm T. Electrochemotherapy: technological advancements for efficient electroporation-based treatment of internal tumors. 
Med. Biol. Eng. Comput. 50:1213-1225, 2012 

[7] Corovic S, Al Sakere B, Haddad V, Miklavcic D, Mir LM. Importance of contact surface between electrodes and treated tissue in electrochemotherapy. Technol. Cancer Res. Treat. 7:393-399, 2008.